
La "Dame en Noir" est l'un des personnages de la série des femmes, à la fois sculpture et rangement.
Thierry Laudren travaille essentiellement le chête sur lequel il n'applique jamais de verni, mais uniquement de la cire.
La sculpture murale "Voisins, Voisines" possède des tiroirs, dont les façades en terre cuite patinée ont été réalisées par le créateur.
TEXTE AGNÈS LISCOËT. PHOTOGRAPHE PATRICK SMITH
« Dame de Cœur », « Noir Désir », La Dame en fleurs » ou «Bonnie», ainsi se nomment les dames en bois de chêne que sculpte Thierry Laudren. Cet artisan discret est peu enclin aux bavardages. En pleine préparation d'une oeuvre, ce sculpteur ébéniste raconte un parcours pas tout à fait classique :
« Après un CAP de sculpteur, j'ai continué à l'école Boulle pendant
trois années supplémentaires. Mais après mon diplôme, comme je ne voulais pas faire de feuilles d'acanthe toute la journée, j'ai quitté le monde de la sculpture sur bois pendant sept ans. »
Un temps de réflexion nécessaire pour revenir, en 1996, à ses premières amours et ouvrir son atelier.
« J'ai senti qu'il y avait quelque chose à faire dans le mobilier et l'art décoratif. »
Reprenant la sculpture, c'est avec du chêne massif et sous une forme très personnelle et masculine qu'il s'exprime. Orné de dames dont le manteau en bois blanchi s'entrouvre sur de petites niches de rangement, le mobilier qu'il crée se veut mystérieux, comme les commodes percées qui laissent apercevoir, à l'intérieur, des visages en céramique ...
Thierry Laudren qui modèle la terre, à ses heures perdues, privilégie un rapport sensuel et tactile dans ses créations.
« J'aime quand on touche mes pièces. Certaines sont assez ludiques et pleines de bonne humeur, d'autres sont plus érotiques.»
Et de montrer avec amusement l'une de ses oeuvres proposant en guise de poignées, des rondeurs féminines.
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