
Dans le centre artisanal Pierre Louail, un long couloir de portes closes recelant des espaces calfeutrés d'où ne s'échappent que des bruits sourds. Celle au fond à gauche porte la marque discrète du sculpteur sur bois, artisan d'art, Thierry Laudren. Un coup de sonnerie. Pas de réponse.
Alors on pousse doucement la porte. L'homme est au travail. Un casque sur les oreilles pour assourdir le bruit strident de la machine à bois. Dans cette petite pièce qui fait office de hall, des planches
de chêne, de toutes tailles, empilées ou accolées le long des murs. Au sol, une fine couche de sciure. On est loin des galeries aseptisées qui masquent trop souvent le laborieux travail de création.
Quelques pas dans la petite salle à côté, en prenant soin de
regarder où l'on met les pieds. Pêle-mêle, croquis et dessins courent sur les murs, avant de rejoindre ceux déjà conservés dans des albums. D'ici sortent les premières inspirations de Thierry Laudren, de son imaginaire lié à la Nature, à une rencontre entre l'arbre et l'homme.
Des esquisses qui, dans l'autre petite pièce attenante, deviendront études pour donner à ces oeuvres d'art leur valeur d'objet façonné par l'artisan. L'ultime étape avant de prendre vie sur la mezzanine,
pièce centrale de l'atelier. Un espace lumineux où se résume l'activité de l'artiste : des oeuvres en cours de fabrication, certaines aux prémices ou au contraire presque achevées, d'autres un moment abandonnées pour mieux laisser le travail se décanter.
Un joyeux désordre, plein de trésors, dont ces traces de chantiers
passés, ces plâtres à l'effigie de personnages de charpente d'église que Thierry Laudren restaure parfois. Et toujours cette fine couche de sciure d'un travail qui ne s'arrête jamais...